Chap XXVIII : Retour aux sources

Chap XXVIII : Retour aux sources
Cette nuit-là, fut la dernière fois où ils s'offrirent l'un à l'autre. La douloureuse pensée que cela faisait plus d'un an qu'ils n'avaient pas posé leurs mains sur ce corps qu'ils désiraient tant leur comprima l'âme. Savoir leur moitié à quelques centimètres de soi sans pour autant combler ce vide, quelle horreur !

« Pourquoi te fais-tu autant de mal à tout revivre comme ça ? Questionna Tom, intrigué.
_ Je... Je ne... Ne souffre... pas, bégaya le brun, la voix hachée par les sanglots.
_ Mais bien sûr ! Ironisa le guitariste, et c'est pour ça que tu pleures à gros bouillons ?
_ Je ne chiale pas, affirma Bill tandis qu'une larme glissait sur sa joue.
_ Ah, t'as une poussière dans l'½il peut-être ?
_ Tout à fait ! »

Le blond haussa les épaules devant la mauvaise foi de son vis-à-vis, puis dit doucement :

« Tu sais, il n'y a pas de honte à verser des larmes Bill. Je le fais souvent quand je pense à nous et contrairement à toi, j'assume et suis fier de notre couple, ou de moins, ce qu'il fut. De plus, je ne cacherai pas mes sentiments, tu me manques horriblement, il ne se passe pas une seule nuit sans que tu apparaisses dans mes rêves, pas une seule journée n'arrive à sa fin sans que je me sois fait la réflexion « tiens, Bill aurait fait ceci ou cela ». Tu me bouffes, tu comprends ça ?! S'agita t-il brusquement, alors ne me reproche pas de me marier ! J'essaye juste de t'oublier, Bill ! Toi tu as fait le deuil de notre union, tu es parti du jour au lendemain, sans que j'en connaisse la raison, tu trouves ça normal ?
_ Si je te manque tant que ça, pourquoi t'unir à quelqu'un d'autre alors ? Demanda le brun, buté.
_ Pour te chasser de ma mémoire, bordel ! Tu comprends ça ?! Hurla Tom, les yeux fous.
_ Tom... Tom... Tu m'fais peur... Arrête ! Dit Bill en reculant.
_ Non, non ! Je n'arrêterai pas jusqu'à ce que j'aie une explication. »

Tom s'était vivement retourné et faisait face à Bill, ses prunelles colériques ancrées dans celle du brun, terrorisées. Comme le jeune homme demeurait obstinément silencieux, le guitariste se précipita sur lui et lui saisit les poignets. Bill était allongé de tout son long sur le macadam froid du toit, son jumeau assis sur son bas-ventre. Tout doucement, presque avec douceur, l'angoisse monta en lui, s'insinuant vicieusement jusqu'à lui tordre l'estomac :

« Tu me fais... mal ! Se débattit faiblement Bill.
_ Ecoute moi, je n'en peux plus ! » Lâcha Tom avant de se relever précipitamment et de se replier en position f½tale.

Bill restait interdit devant la scène entrain de se dérouler devant lui ; son Tom, le jeune homme fort et fier, l'aîné, le plus grand était faible et sanglotait comme un bébé. Ce n'était pas vraiment de cette manière là que le brun avait imaginé l'instant où il devrait tout lui raconter. Tom sanglotait dans son coin, complètement perdu après son accès de colère, alors que Bill demeurait étendu sur le sol, son cerveau carburant le plus vite possible pour trouver une solution.

Lentement, la panique s'infiltrait dans ses veines, déversant son inquiétant poison en lui. Sa respiration se fit difficile, ses yeux s'embuèrent et sa gorge s'assécha. Le chanteur sut immédiatement ce qui montait en lui, une nouvelle crise, la première depuis celle qu'il avait faîte devant Tom. La différence avec son passé, c'est qu'il savait aujourd'hui pourquoi il avait de telles absences... Tom en était la cause. Il vit la douce folie arriver, avec son manteau coloré et sa couronne sombre, il la sentit prendre possession de son corps, sournoisement. Il ne tenta même pas de la repousser et ses plus belles digues, ses plus hauts remparts cédèrent.

Toute la pression de son corps le quitta, son pouls diminua et son inspiration se fit rare, alertant Tom qui ne percevait plus la respiration sifflante d'inquiétude de son amant :

« Bill... Bill, qu'est-ce que tu as ? »

Tom essuya ses yeux d'un revers de main et comprit que Bill faisait une de ses attaques. Il s'approcha en douceur tandis que le torse de l'androgyne continuait de diminuer la fréquence de ses montées et descentes. Inquiet, le musicien déplia son bras pour effleurer la poitrine de son cadet ; lorsqu'il sentit cette chaleur familière sur lui, le chanteur rouvrit violemment les yeux, pourtant vides, et s'accrocha à son tee-shirt.

« Non... Non... Non... Je ne veux pas... Laissez-moi ! NON ! » S'époumona l'androgyne, réduisant ses cordes vocales à néant et les tympans de Tom par la même occasion. « Je veux rester avec lui... Ne me séparez pas de lui... » Continua t-il après un moment de silence durant lequel il reprit son souffle. « Tom... » Termina t-il dans un souffle, « mon frère ».

Les dernières syllabes eurent l'effet d'un électrochoc sur le guitariste ; Bill aurait un frère qui portait le même prénom que lui ? Pourquoi n'en avait-il jamais entendu parler ? Où était-il ? Pourquoi n'était-il pas aux côtés de Bill ? Des centaines de questions envahissaient l'esprit du blond, tournaient dans sa tête telles des vautours affamés au-dessus d'un cadavre. Les réponses se cachaient dans la tête du jeune homme inconscient sur ses genoux.

Nostalgique de leurs moments d'intimité à tous les deux, Tom caressa d'abord du bout des doigts, puis, plus confiant, de sa paume entière, les cheveux et le visage de l'androgyne. Une vague de tristesse le submergea lorsqu'il se souvint de la raison pour laquelle il se trouvait là, sur le toit d'un immeuble. Ceci dit, ce n'était pas n'importe quel bâtiment, c'était le toit de son centre de redressement pour jeunes délinquants.

Pourquoi Tom était-il revenu ici ? Parce que c'était là que tout avait commencé et que tout avait fini. Une boucle bouclée en somme. Un amour qu'il avait cru infini et dont le cercle s'était brisé, marquant le point final de leur relation. Le jeune guitariste cherchait seulement à savoir pourquoi, au réveil de son accident, à l'hôpital, Tom avait trouvé le lit vide et froid. Quel accident ? Il est trop tôt pour en parler et seul Bill peut lever le voile sur ce mystère. C'est lui qui détient toutes les clefs en mains... qui ouvrent chacune une porte menant à Tom.

Epuisé, Bill avait fini par s'endormir dans les bras de son reflet, le visage fermé et soucieux. Le dreadé se releva, prit le brun dans ses bras et redescendit au bas de la bâtisse. Là, il hissa l'androgyne dans sa voiture, se mit au volant et démarra. Où devait-il les emmener ? A l'hôtel ou bien à l'appartement qu'ils partageaient tous les deux auparavant ? S'ils s'étaient séparés, que ce soit de grès ou mis devant le fait accompli, aucun des deux n'avait été capable de remettre l'habitacle en vente, ayant besoin de conserver un point d'encrage de leur relation. Si l'un était trop impersonnel, il craignait que l'autre soit trop chargé en souvenirs. Malgré le risque, Tom opta pour la seconde solution et prit la direction de la Plätzer Alexander (NdA : c'est une place à côté de leur résidence).

Quelques minutes après, Tom se gara sur sa place de parking et ne fut pas surpris de trouver là moto de Bill, celle qu'il lui avait offerte au Noël dernier... Ainsi, il l'avait gardée, Tom sourit. Il coupa le contact du moteur et descendit le brun du véhicule avant de monter les étages et de rentrer dans leur appartement. Là, il l'allongea sur ce qui fut leur lit ; récupéra une couverture et l'enveloppa. Quant à lui, il prit également un édredon pour sa personne et s'échoua sur le canapé.

Si l'un dormait comme un bébé, l'autre réfléchissait à tout ce qui venait de se passer, cherchant désespérément une explication qui ne venait pas.

« Tom... Tu dors ? Demanda soudain une petite voix.
_ Bill ? Non, non, je réfléchissais. A nous, à tout ça, soupira l'interpellé d'une voix lasse.
_ Tom... qu'est ce qui s'est passé ?
_ On était sur le toit, je pleurais quand soudain tu as fait une crise, puis tu t'es endormi et je nous ai ramené ici, résuma très succinctement le guitariste, occultant volontairement certains détails.
_ Je... J'ai dit quelque chose pendant que... pendant ma crise ? Hésita Bill, rougissant. Puis, comme Tom ne répondait pas, s'il te plaît Tom, qu'est ce que j'ai dit ?
_ Mais qu'est ce qui nous arrive Bill ?
_ Quoi ?
_ Il y a un temps, avant même que l'un de nous reconnaisse qu'il allait mal, l'autre le ressentait déjà et aujourd'hui j'ai l'impression qu'on est deux inconnus.
_ Je perçois la même chose. »

Il y eu encore un moment de silence pendant le quel l'androgyne en profita pour venir s'asseoir à côté de son aîné, qu'il dévisagea.

« Pourquoi tu me regardes comme ça ? Interrogea Tom, perplexe.
_ Je cherchais simplement la ressemblance.
_ Pardon ?
_ Tu es mon jumeau Tom. »

***

Voilà enfin le nouveau chapitre, on attaque les choses sérieuses, ne trouvez-vous pas ?
Le chapitre suivant est tapé et parti chez ma béta, je le posterai quand il sera corrigé et quand j'aurai le temps...
Bisous les filles, je m'en vais vous prévenir !

# Posté le vendredi 29 août 2008 04:06

Anniversaire des Twins et Review du 21 Juin... *enfin*

Anniversaire des Twins et Review du 21 Juin... *enfin*
Juste un petit article pour souhaiter un joyeux Anniversaire aux jumeaux, et je poste - enfin - ma review du concert au Parc Des Princes, si quelqu'un a le courage de la lire xD
Bisous x3

De nombreux jours après l'un de ceux que j'ai le plus attendu, je me décide à faire une review... Je crois que j'ai repoussé au maximum le moment où je l'écrirais pour garder ces précieuses heures pour moi. Tout démarre pour moi le jeudi 19 juin, dernière épreuve (l'anglais --") et puis... la liberté. Je réalise que je vais enfin revoir ces quatre boulets qui m'apportent tant dans 48 heures *-*
Le jeudi soir avec Chou (<33) on sort et on fait la fête en ville. Ca fait du bien de revoir tout le monde (on a pas tous passé le bac au même endroit), de se dire que c'est enfin fini =D Bon, je suis blonde, tout le monde le sait, fallait que je fasse une connerie... Laquelle ? Bof, trois fois rien... Juste oublier mes clefs de maison et réveiller toute la baraque à plus de minuit... *siffle* Bref, on rentre et on s'endort finalement à... trois heure du mat ! Le réveil est dur, si vous saviez... XD
Le lendemain, le réveil sonne à 7h... On a le train à 9h, mais de très sales têtes (zombies de lendemain de soirée, vous voyez le topo ?). Je pars à la douche pendant que Chou se rendort un peu. Puis on échange : elle va se doucher et je comate, essayant de mettre tous mes vêtement à l'endroit prévu... Deux heures plus tard, à la gare, on galère un peu (beaucoup...). On trouve le train, on ne se trompe pas. Ceci est un exploit pour deux blondes lâchées en pleine nature xD On arrive vers 15h à Paris, on se pose tranquilles dans le couloir de l'appart de la tante de Chou qui nous accueille mais on pas les clefs et c'est fermé >< Du coup on part en ville et je retrouve Mood <33 cALIN Je peux enfin la serrer dans mes bras Nya... 7 mois *-*
Puis on les accompagne au PDP... euh le premier truc au quel je pense ? Putain... c'est grand O_O' XD
Bref, on rentre et dodo après une soirée passée la tante de Chou, adorable ! Le lendemain on se la joue tranquille, on est en gradin donc pas de souci, pas la peine de venir trop de temps à l'avance ! Je crois qu'on a le cul bordé de nouilles sans vouloir être vulgaire : au moment où on se point au Parc des Princes, les grilles s'ouvrent pour laisser passer les fans ! Héhé, nous on a pas eu besoin d'attendre :p
On rentre et on trouve facilement l'entrée de notre tribune (H bleu bas Paris si j'me souviens bien u_u'). Cette étape était facile étant donné qu'on avait repéré les lieux la veille, la deuxième, trouver l'entrée « bleu bas » est beaucoup plus compliqué xD on se trompe, on rebrousse chemin, on monte des escaliers... on les redescend -_-' Et puis enfin ! La libération : on a trouvé !!! Yeah ! Trop fortes xD Coup de stress... on n'est pas placé au même endroit (et en plus on se plante de place au début... Douées un jour, douées toujours, que voulez-vous hein... Puis on squatte deux places, une que l'on a pas... (on était au même numéro, mais à deux rangs d'intervalle). Pitié que personne ne vienne à côté... *croise les doigts*
Ben écoutez, croyez moi ou non, mais... ça a marché ! Sauvées ! On restera ensemble ! =D Cette heureuse nouvelle nous aide à supporter la chaleur qui devient vite étouffant, Chou ne supporte pas la chaleur. C'est dur mais on le fait pour eux.
Première partie, PBZoom. J'ai bien aimé, surtout leur chanson « Appel aux Plasticines » XD. Bref, le groupe s'en va sous les applaudissements et l'attente infernale reprend... Je transpire, j'ai chaud, j'ai soif, le soleil brûle, je cache ma tête dans mes genoux pour reposer mes yeux.
Puis la tension monte, les écrans s'allument (au fait, le gars qui a réglé le projo avait bien du mal, il l'a rallumé je ne sais pas combien de fois xD Souvenir aussi de la fosse qui se faisait copieusement arroser par les VSD au tuyau d'arrosage)... Ils sont là.
Les premières notes d'Ich Brech Aus retentissent et font vibrer le PDP, la batterie cogne dans ma poitrine, la basse et la guitare vibrent en moi et la voix m'électrise. Bordel, ils sont là, ils sont là, ils sont là... Je presse la main de Chou à côté de moi. Très vite la chanson est finie... Déjà ? Je me reconcentre sur concert et profite de Der Letzte Tag. Une pensée à Kiou, loin de nous ; une partie - notre tiers manquant - est absente. Un jour, je vous le promet, on fera un concert toutes les trois. Puis 1000 Meere. Oh. Mein. Gott. C'est tout ce que je suis en état de penser. Cette chanson me fait tellement vibrer, je l'aime et en live, elle est magique. On oublie le soleil, on oublie la chaleur, on danse, on chante... on leb die Sekunde. Bill nous fait chanter. Totgeliebt arrive, je l'aime tellement cette chanson, c'est une de mes préférées <3. Je regrette qu'il ne nous ait pas fait chanter comme dans le dvd à Oberhausen, pourtant le public avait commencé mais Bill n'a pas suivi, ça ne devait pas être prévu :( Dommage. Et là, le bouquet : Wir Sterben Niemals Aus. Je plonge sur le sac et attrape les c½urs. Puis je lève la tête et vois le PDP disparaître sous des nuages blancs tatoués d'un c½ur noir. Mein Gott, c'est magnifique ! Les quatre ont un sourire jusqu'aux oreilles, ils sont contents. Ca fait plaisir à voir. :) Les chansons s'enchaînent trop rapidement ; Schrei, Schwarz - que je vois pour la première fois en live (la nouvelle basse de Georg *-*), c'est une de mes préférées aussi -, Stich ins Glück, Übers Ende der Welt (pfiou ! J'ai cru qu'elle n'arriverait jamais celle-là xD). Reden. Grand moment de solitude pour Bill qui fait le con avec sont frère en haut de la plate forme et qui manque de se casser la gueule en redescendant l'échelle xDD. Heilig pointe un bout de nez timidement avec sa douceur et ses lumières douces. Dans les bras de Chou, à lui chuchoter ces mots-là, lui chanter à elle. Elle qui compte tant pour moi. Paroles sacrées, pour moi, pour elle, pour nous. N'oublie jamais ça Chou : « Immer Heilig ». Je t'aime. Geh, je chante encore avec Chou mais je modifie les paroles, « Bleib, Bleib ». Ne pars pas. En revanche, sur la chanson je suis déçue, je trouve que Geh perd de sa force et de son émotion avec la basse et la batterie :/ qu'en avez-vous pensé ? Spring nicht, Wo sind eure Hande et Durch den Monsun défilent et je ne les vois pas passer. Bill nous fait bien poireauter sur DDM et on attend comme des cons son « Ich muss durch den Monsuuuuuuun... ». Puis le premier rappel, In Die Nacht (pour vous Kiou et Chou...), Bill qui se charge de présenter le groupe (gros foutage de gueule xD) puis Rette Mich, toujours aussi poignante. Vergessene Kinder et Ich bin da clôturent le concert, sous une pluie de paillettes, feux d'artifices et sous les couleurs de l'Allemagne, étendues dans tout le Parc. A peine le temps de réaliser que c'est fini que Chou et moi on pique un sprint dans le métro parisien en direction de l'hôtel, le Park Hyatt Paris Vendôme. Simple comme nom, vous trouvez aussi ? Bref. On arrive là-bas, on est bien placé mais non, on va planter là plus de deux heures pour rien. Tant pis on aura fait connaissance avec un vigile de l'hôtel sympa, et surtout des filles adorables. Des liens se créent et des adresses msn sont échangées. Mood me rejoint entre temps et me donne une paillette (que je lui avais demandé de me récupérer). Elle est claquée et va dodoter, chose que je ne tarde pas à aller faire moi aussi. On rentre à l'appart avec Chou et malgré quelques soucis entre temps on finit par se glisser sous les couettes, épuisées, avec des images plein la tête.

Ce concert n'a fait que renforcer mes convictions, je continuerais à suivre ce groupe et à les voir quand je peux. Ce concert était mon deuxième, il fut aussi splendide que le premier et il me tarde le troisième.

2009, c'est terriblement loin...

# Posté le lundi 01 septembre 2008 14:31

Chap XXIX : L'Accident

Chap XXIX : L'Accident
« Je... quoi ? Demanda Tom en ouvrant ses yeux comme deux balles de ping pong.
_ Tu as très bien compris, répliqua Bill plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
_ Mais, c'est impensable ! S'exclama Tom, ahuri.
_ Ha bon et pourquoi serait-ce impossible ? Objecta Bill en levant un sourcil.
_ Je... non mais c'est de la folie ! Comment pourrais-je avoir un frère, jumeau qui plus est, sans que je le sache ? Par quel malheureux hasard, ce frère pourrait être l'homme que j'aime ? Si c'est une blague, elle est vraiment de mauvais goût ! Franchement Bill, tu aurais pu trouver mieux comme excuse à ton départ ! Ricana le musicien.
_ Tom, ce... c'est la vérité. Tu... Il faut que je t'explique certaines... choses, bégaya Bill, ne sachant plus comment se dépatouiller de ce moment sensible.
_ Ha bon ? Tu crois ? Releva Tom, sarcastique.
_ Arrête, ce n'est pas drôle !
_ PARCE QUE TU CROIS PEUT-ÊTRE QUE C'EST COMIQUE POUR MOI ?! Beugla Tom, hors de lui. Je ne comprends absolument rien à cette putain de situation !
_ ... »

Bill ne répondit rien, que pouvait-il dire ? Alors que Tom hurlait encore qu'il était paumé, sans repères et avec un frère jumeau qui se foutait de sa gueule, Bill articula faiblement quelques syllabes qui eurent l'effet instantané d'apaiser le blond, à la limite de l'hystérie :

« Tom ? L'appela t-il, enlace moi, serre moi fort contre toi. Comme avant. Comme si rien ne s'était passé. Comme si tu m'aimais encore. »

Le guitariste se figea, muré dans un cocon d'incompréhension, puis s'avança doucement et encercla de ses bras les épaules de Bill. Ce dernier se rapprocha lentement de lui jusqu'à poser sa tête dans le creux de son cou, semblable à un enfant qui, effrayé, se serait réfugié tout contre sa mère, en quête d'un réconfort maternel. Avec toute la tendresse dont il se savait capable, Tom berça son petit protégé, qui délia sa langue et amorça l'éclaircissement des zones d'ombre :

« Tu te souviens de l'accident ? Se renseigna t-il.
_ Bien sûr, comment l'oublier ? C'est ce qui nous a séparé. »

Et Bill parla, parla pendant de longues minutes, qui s'égrainèrent jusqu'à devenir des heures. Que raconta t-il ? Mais ce qui leur été arrivé, le jour où...

Flash-back

Comme chaque matin depuis que le bijou lui avait été offert, l'androgyne regardait sa bague, le symbole de l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre. Puis il se retourna, abandonnant sa contemplation pour une autre, bien plus agréable à son goût ; non pas que l'anneau argenté lui déplaisait, mais il préférait le torse musclé de son fiancé, encore plongé dans le monde de Morphée à son côté. Il sourit et décida de le réveiller par ses propres moyens :

« Tomi, Chéri... C'est l'heure d'émerger..., lui chuchota t-il à l'oreille à grands renforts de caresses et de bisous.
_ Mmmh... fit Tom.
_ Je vais à la douche... »

Alors que Bill se levait du bassin de son amant sur lequel il avait précédemment posé ses fesses, Tom ouvrit difficilement les yeux, juste assez pour bien viser et se saisir de ses poignets, afin de le retenir. Le brun retomba en douceur sur son buste et éclata d'un rire cristallin devant la moue enfantine du jeune homme placé sous lui.

« Tu sais Bill, je ferais tout pour t'entendre rigoler comme ça tous les jours, dit Tom de sa voix rauque du matin.
_ Merci...
_ T'es pas obligé de rougir à chaque compliment qu'on te fais, tu sais, rigola Tom.
_ Tu veux que je te dise un secret ? Interrogea l'androgyne.
_ Oui, je t'en prie.
_ Je ne prends la teinte écrevisse que lorsque c'est toi qui me flattes... »

Le brun sourit franchement et vint déposer un baiser papillon sur les lèvres de Tom avant taper dans ses mains :

« Allez Tom ! Debout ! Mes parents nous attendent pour déjeuner.
_ Dis Bill, t'es bien sûr de ce que tu veux faire ?
_ Oui, sûr et certain. Je veux dire à mes parents que ça fait un mois que je suis fiancé à l'homme de ma vie ! »

Tom étira à son tour ses lèvres d'une oreille à l'autre, puis ils partirent se changer et ils se rendirent chez les parents de Bill. Ce fut comme toujours des rires, des blagues, de la tendresse et de la joie. Jusqu'au moment du dessert où Bill prit la parole :

« Papa, maman, je dois vous dire quelque chose d'important.
_ Oui ?
_ Je... Enfin...On...
_ Tu veux que je le leur dise ? Proposa Tom.
_ Non, non, c'est à moi de le faire. Tom a demandé ma main, articula t-il calmement après avoir pris une grande inspiration. »

Ca y est la bombe était lâchée. Les parents se dévisagèrent, surpris et effrayé.

« Euh... il n'est pas un peu tôt ?
_ Comme je l'ai dit à Bill il y a un mois, il est hors de question de se marier avant d'avoir un métier, une vie bien établie. Cette bague que je lui aie offerte est plus un serment, la promesse que je serais toujours là à ses côtés. Je sais que je veux passer ma vie avec lui, si le destin nous le permet, expliqua Tom le plus sérieusement du monde.
_ Euh Tom, tu n'étais pas obligé de refaire ta déclaration devant mes parents, rougit Bill. Et puis tu n'étais pas forcé de t'exprimer dans un langage pompeux, se moqua t-il afin d'oublier son propre malaise.
_ Ouais, ça va hein ! » Bougonna Tom, en baissant les yeux, gêné.

Le fou rire s'empara rapidement des deux futurs époux et les géniteurs contemplaient la scène surprenante en train de se réaliser devant eux. Où tout cela allait-il les mener ? Très vite, les adultes mirent leurs préjugés et leurs réticences de côté et, à leur tour, mêlèrent leurs sourires au bonheur débordant des deux adolescents.

« Vous voulez dormir ici ce soir ? Proposa Jennifer.
_ Si ça ne te gêne pas Tom... ? Demanda Bill timidement.
_ Sans souci !
_ On va se baigner ?
_ Bill... tu te souviens de la dernière fois où on a été dans une piscine tous les deux, je crois que tout le voisinage...
_ OUI ! Non mais CHUT, là ! S'exclama un Bill cramoisi en mettant sa main sur la bouche d'un Tom espiègle.
_ Merci de nous éviter les détails », fit subtilement remarquer Franck en regardant le plafond, soudain d'un grand intérêt, tandis que son fils faisait concurrence au plus belles cerises.

Bill prit son fiancé par la main et ils se glissèrent dans sa chambre pour se changer alors qu'à la cuisine, se tenait une toute autre discussion :

« Franck, tu crois que c'est bien de les laisser faire ?
_ Ecoute Jenn, on en a déjà discuté, et tout ceci est de notre faute.
_ Pourquoi ? On ne les a tout de même pas forcés à tomber amoureux, non ?
_ Arrête de toujours rabattre cet argument ridicule ! S'écria son mari. Tu sais très bien de quoi je veux parler : jamais on aurait du accepter qu'ils soient séparés, que Tom parte si loin, on aurait du dire la vérité à Bill dès le départ, ne pas lui cacher l'existence de son jumeau.
_ Oui, oui je sais tout cela.
_ Et par-dessus le marché, reconnais qu'on a peut-être fait une gaffe en accueillant Tom ici.
_ Là je ne suis pas d'accord, répliqua la jeune femme. Je n'ai jamais vu Bill aussi heureux. Après tout, si aucun des deux n'est au courant, les papiers allemands de Tom sont entre nos mains, officiellement il est russe. Dans toute la paperasse de l'état, il n'y a rien qui mentionne qu'ils sont jumeaux, alors laissons les en paix.
_ Mais... commença Franck.
_ Maman ! Hurla Bill, on va à la piscine !
_ Ok, et pas de bruit hein !
_ Maman ! »

Les adultes clorent leur discussion, tandis que les jumeaux se disaient mille tendresses dans l'eau claire de la piscine, ignorant qu'ils partageaient là leur dernier moment d'intimité. Des rires, des bisous, des « je t'aime » :

« Dis Tom, demanda le brun, tu trouves pas que mes parents ont parfois des attitudes bizarres envers nous ?
_ Je ne sais pas, ça doit quand même leur faire bizarre que leur fils unique soit fiancé à tout juste dix-huit ans, non ?
_ C'est juste, reconnut Bill. Et toi, tu vas leur avouer ?
_ Reconnaître quoi à qui ? Demanda Tom en feignant l'ignorance.
_ Annoncer tes fiançailles à tes parents !
_ Je ne vois pas pourquoi je le ferais ! Répliqua violemment le guitariste en se dégageant des bras de Bill dans lesquels il était blotti.
_ Chéri, arrête ! Ne te braque pas pour ça ! C'était débile de ma part de te poser cette question, excuse moi ! Cria Bill en essayant vainement de rattraper Tom, à l'autre bout de la piscine.
_ Tu es vraiment piètre nageur ! Rigola Tom.
_ Ouais, ça va je sais, on va pas en faire tout un plat non plus !
_ Si tu es sage, je ter donnerais des cours particuliers, chuchota Tom, le regard pervers.
_ Je n'en ai pas besoin, j'ai suffisamment de respiration, tu te souviens ? Demanda Bill, faisant allusion à la fellation qu'il avait offerte à Tom dans les eaux turquoise des Maldives.
_ Mmmh, pas très bien, il faudrait que tu recommences, plaisanta Tom.
_ Tu sais, dit Bill en changeant totalement de sujet, il y a des fois, j'aimerais bien savoir qui étaient mes parents, pouvoir leur demander s'ils sont fiers de ce qu'est devenu leur fils. Je me demande si j'ai des frères et s½urs, pourquoi est-ce qu'ils m'ont laissé ; c'est bête mais j'espère un jour connaître leur histoire et savoir si oui ou non j'ai été désiré.
_ Ce que je peux te dire, moi, c'est que je ne regrette pas qu'ils t'aient conçu !
_ Je peux en dire autant... Murmura Bill tout en enlaçant son fiancé.
_ Je t'aime...
_ Je t'aime aussi »

/!\ Exceptionnel : P.O.V Bill /!\

Je suis si bien, là collé à son torse, mais on se décide enfin à se hisser hors de l'eau... Je devrais peut-être préciser que j'ai décidé de jouer le petit ami chieur et je m'accroche à lui comme à une bouée ! Il se hisse hors de la piscine, titubant un peu, puis il se laisse retomber sur le transat et je nous enveloppe dans une serviette posée à côté. Je niche ma tête dans son cou et soupire doucement. Je l'aime tellement. Alors que je commence à somnoler, je sens la main de Tom se faire baladeuse et venir chatouiller mes côtes. Je me lève en hurlant, sensible comme je le suis et rentre en courant dans la maison, manquant à plusieurs reprises de me vautrer sur le carrelage.

« BILL ! Non, dehors ! Se mit à crier ma mère, tu es trempé ! ALLEZ, OUST ! »

Je capitule, pas la peine de déclancher la troisième guerre mondiale non plus, hein ! Je me retrouve sur le perron, en maillot de bain... Heureusement que personne n'est là, parce que là j'ai quand même l'air super con ! Je descends la petite allée de gravier, passe le portillon de l'entrée et traverse la route pour aller me caller sur le muret d'en face. Quelques minutes plus tard, je vois Tom franchir à son tour le seuil de la maison et me chercher du regard. Lorsqu'il m'aperçoit enfin, il sourit et parcourt à son tour la distance qui le sépare de la route. Il fait le con sur le trottoir devant chez moi, puis se met à courir pour me rejoindre quand soudain, je ne sais d'où elle vient ni qui la conduit, une grosse berline déboule à pleine vitesse dans la rue.

J'ai l'impression que tout se passe au ralenti : Tom qui cherche d'où vient le bruit, la voiture noire qui n'a pas le temps de freiner, le bruit sourd et mat du choc, le regard qu'il me lance, l'horrible craquement de ses os sur le bitume, la porte de ma maison qui s'ouvre et mes parents qui sortent sans comprendre le drame qu'il vient de se produire, mon hurlement de terreur, mon sprint jusqu'à l'endroit où gît le corps inanimé de Tom.

Tom, mon fiancé... Le véhicule... Tom... Le choc... Tom... mort ?

***

Alors ? Désolée, je repasserais plus tard vous raconter ma vie, je vous laisse tranquilles pour ce soir et je vais vous prévenir !
Bisous

***

Coucou les filles ! Comment ça va ? Moi je suis surchagée de travail et j'ai intérêt à m'y mettre genre maintenant tout de suite sinon je vais me faire submergée. Les cours sont intéressants et ma classe est plutôt cool, on est tout juste 25 filles pour plus de 85 mecs :p Faîtes ingénieur les filles, le panel de garçons qui s'offrent à vous est gigantesque ! XD
Et vous, votre rentrée ?
Si j'ai pu poster cette suite c'est parce que je l'avais tapée avant que les cours ne reprennent, du coup je n'avais plus qu'à attendre la correction. Pour la suite je n'ai absolument aucune idée du moment où je l'écrirais et quand est ce que je la posterais. Je suis désolée mais c'est comme ça, je préviendrais toutes celles qui mettent un com sur le dernier article, ou alors préférez vous que je crée un article pour laisser un com pour être prévenu ? (En gros, faire une liste de celles qui veulent être prévenues de mes posts, OS ou/et chapitres)
Merci pour les coms que vous avez déjà laissés, je suis ravie que la suite vous plaise =)
Comment trouvez-vous l'accident ? Pas trop pathétique ou pitoyable ? Je ne voulais pas qu'on ressente la tristesse de Bill mais plutôt son incompréhension et le choc, il ne s'attendait pas à ça.
Quelqu'un a t-il une idée de la raison pour laquelle j'ai écrit cet accident ? (Non, non et non, ce n'est pas pour être sadique et mettre Tom au bord de la mort mais c'est bien parce que cet incident aura une répercussion déterminante dans la suite de l'histoire.) Alors, vos avis ? De toute façon, vous savez que Tom n'est pas mort suite au choc puisqu'on le retrouve dans la suite, sur le toit avec Bill. D'ailleurs, plus personne n'a de souci avec la chronologie ?
Bon, voilà, je ne sais pas si vous avez eu le courage de tout lire, mais en tout cas j'avais besoin de venir vous parler, après trois heures de maths, mon pauvre cerveau a disjoncté xD

Bisous <33

Lou (oui, ce n'est plus Flow', j'ai enfin trouvé un surnom qui me plaît ^^)

Edit du 22/10 :
Coucou les filles ! Comment ça va du côté de chez vous ? Je suis désolée de ne pas avoir donné de nouvelles plus tôt mais je suis en prépa, je bosse pas mal, je rentre tard. Et je sors aussi *siffle* xDD La vie étudiante est vraiment géniale, franchement =)
Bref tout ça pour dire que la suite n'est pas encore là mais j'ai commencé à l'écrire sur du papier (quand les maths deviennent trop longs...). J'écrirai pendant les vacances, de toute façon il ne reste pas beaucoup de chapitres je crois, enfin ça dépend. Le moment venu je vous en parlerai. Voila, voila.
Bisous

Lou

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 15:58

Modifié le mercredi 22 octobre 2008 12:52

Le premier... =)

Le premier... =)
Premier tatouage ! Il m'a coûté 70 euros, le tatoueur l'a réalisé en à peine 10 minutes et franchement, je n'ai pas trouvé ça douloureux ^^ Vous en pensez quoi ? =)

En ce qui concerne la suite, j'ai commencé à taper une suite :P
Hé oui ! Enfin, il me reste la moitié à taper, puis l'envoyer à ma béta =) Je ne suis pas chez moi cette semaine et j'ai des exams qui arrivent :S je vais passer une semaine enfermée dans une salle, ô joie ! >_< Voilà, j'espère arriver à bientôt vous poster la suite ^^

Bisous

Lou

# Posté le mardi 06 janvier 2009 08:25

Nouveau chapitre

Je poste à la va vite, je suis bourée et j'suis pas état d'écrire quoi que ce soir de censé... En espérant que ça vous plaise =)

***

Chap XXX : Révélation troublante

Le regard vide et perdu, le brun ne vit pas l'ambulance partir, emmenant son fiancé loin de lui ; il ne réalisa pas qu'il montait dans une voiture en direction de l'hôpital. Ce n'est que lorsque l'odeur répugnante, presque stérilisée, qui régnait dans le grand bâtiment blanc lui agressa les narines qu'il sortit brusquement de sa léthargie. Ses pupilles se rétractèrent violemment et sa bouche se tordit d'une grimace effrayante alors que les images de l'accident défilaient sur sa rétine, comme pour s'y graver, afin qu'il n'oublie jamais ce jour, de sorte que chaque nuit, son cerveau épuisé lui joue à l'infini le même film d'horreur.

Abattu, il se laissa choir sur les chaises de plastiques verts de l'hôpital, les iris rivés sur la double porte frappée d'un grand panneau « URGENCES – Personnel médical autorisé uniquement – Interdit au public ». Les minutes puis les heures s'égrainèrent lentement, si lentement... Durant les quatre longues heures où Bill et ses parents attendirent, anxieux, le jeune homme ne put quitter son siège, les traces de la fatigue commençant à apparaître sous ses yeux maquillés. Enfin un homme au visage fin, mais néanmoins durcis par l'épuisement, vint à eux :

« Mr et Mme Kaulitz ? Vous êtes de la famille de Mr Wörner ? » Ni Jennifer, ni Marck ne purent répondre et ils se contentèrent d'hocher la tête.
« Comment va-t-il ? Demanda Bill, fébrile.
_ Il a perdu beaucoup de sang lors du choc. Son groupe sanguin n'est malheureusement pas courant et nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, avec le peu de réserve de sang que nous avions. Maintenant c'est à Tom de décider et de se battre pour que ses cellules hématies se multiplient suffisamment pour reconstituer la totalité de son sang. Je suis désolé.
_ Excusez moi, intervint Jennifer d'une voix minuscule, mais de quel groupe est Tom ? Peut-être connaissons nous quelqu'un du même groupe ? Proposa t'elle innocemment en coulant un regard en douce vers son époux qui lui sourit en hochant imperceptiblement la tête.
_ Il est O négatif.
_ Je suis O négatif ! S'écria Bill, une flamme d'espoir brûlant dans son regard éteint. Oh, je vous en prie ! Prenez moi tout le sang dont vous aurez besoin mais sauvez le !
_ Mr Kaulitz, êtes vous majeur ?
_ Oui, oui !
_ Bien, vous êtes maître de votre décision. Je vais appeler une infirmière qui va vous prélever une importante quantité de sang, vous devrez rester allongé après. Je repasserai, au revoir. »

Quelques dizaines de minutes plus tard, une infirmière vint chercher Bill et ses parents pour les conduire dans une chambre. Le c½ur de Bill se serra douloureusement lorsqu'il vit un grand lit, aux draps impeccablement tirés, à côté du sien. Les affaires de Tom étaient posées dessus, et l'infirmière, surprenant son regard répondit à sa question muette :

« Lorsque les soins sur votre ami seront terminés, nous l'amèneront ici. Asseyez vous. »

Le brun la regarda serrer le garrot, chercher et trouver la veine pour enfin lui prélever le précieux fluide. Puis il coucha, épuisé par toutes ces émotions, et ne se réveilla que cinq longues heures après. Il était une heure du matin et Tom n'était toujours pas à son côté. Le c½ur lourd et les larmes au bord des yeux, l'androgyne se retourna dans ses draps et replongea profondément dans les limbes du sommeil.

Lorsqu'il ouvrit les yeux pour la seconde fois, six heures plus tard, un bip régulier martelait ses tympans et acheva de le tirer définitivement du sommeil. Tom blanc comme un linge, était allongé, inerte, sur le lit jumeau du sien. A peine avait-il pris conscience de l'état de son fiancé, que le médecin qui l'avait en charge, entra dans la chambre. Quand le praticien s'aperçut que le jeune chanteur le fixait sans ciller, il se racla la gorge et prit la parole :

« M. Kaulitz, je dois vous annoncer une nouvelle, que je me permets de supposer comme source de joie et de complications... »

Dieu que Bill regrettait aujourd'hui d'avoir laissé le chirurgien parler ! Il aurait tant préférer vivre encore dans l'ignorance...

Le discours du vieil homme languissait Bill dont les prunelles oscillaient entre lui et le guitariste.

« Bill, Tom et vous êtes jumeaux. »

L'interpellé réagit soudain, n'ayant pas écouté le moindre mot jusqu'à ça. CA ! L'incompréhension se peignait sur son visage, réclamant des explications.

« On l'a découvert en testant votre sang et celui de votre... de Tom, pour savoir si vous étiez compatibles. »

Le jeune homme ne put rien dire, encore sous le choc de la nouvelle. Alors que le docteur se retirait en silence de la pièce, il se leva tel un automate, et sans un regard pour son frère, il se glissa dans la salle de bains. Là, il colla son visage au miroir, cherchant la ressemblance. La rage et la tristesse l'envahirent, il tira sur sa peau, comme pour en déformer les traits, changer ce que son ADN faisait de lui, détruire ses similitudes qui lui crevaient le c½ur, le narguaient dans la glace. Poussant un cri de colère noire, il envoya son poing dans son reflet, le fissurant, avant de le faire voler en éclat par un second coup.

Puis il se recroquevilla, entourant ses jambes de ses bras et laissa ses larmes brûlantes dévaler les pentes de ses joues. C'est dans cette position que Jennifer le retrouva et elle sût immédiatement qu'il l'avait appris. Elle s'approcha en douceur et de ses bras, créa le cocon protecteur maternel. Bill s'y blottit compulsivement et s'agrippa à son chemisier. Il huma cette odeur familière et peu à peu ses pleurs cessèrent. Il se dégagea doucement de cette étreinte, le temps des questions était venu.

« C'est vrai qu'il est mon jumeau ?
_ Oui.
_ Raconte moi, ordonna Bill, avide de savoir.
_ Très bien. C'est une longue histoire qui débute en janvier 1989. La s½ur de mon mari, de Marc, Simone est alors âgée de 17 ans à peine. Tu sais comment sont les jeunes, les soirées, les fêtes, l'alcool et la drogue. Ce soir là, elle a un peu trop bu, et disparaît dans une chambre avec un homme de dix ans son aîné. Pourtant elle s'était protégée mais par manque de chance, le préservatif s'est percé. Petit à petit son ventre s'est arrondi, et elle a vite compris ce qu'il se passait mais elle a refusé d'abandonner son enfant. Tes grands parents étaient contre, et ils parvinrent à un compromis : elle irait jusqu'à terme mais hors de question de garder le bébé. Le verdict était sans appel. Quelques mois après, lorsque vous fûtes assez gros pour que l'on vous voie à l'échographie, ce fut le coup de grâce : il n'y avait pas un mais deux bébés ! Avec Marc, nous sommes restés très discrets et silencieux sur ce sujet, mais comme je suis stérile nous avons décidés d'adopter l'un de vous deux. Nous ne pouvions vous prendre tous les deux, nous n'en avions pas les moyens. Ce fut un moment horrible que je ne revivrai pour rien au monde ; vous étiez enlacés, et nous t'avons sortis des bras de ton frère. Il n'y a pas eu un cri mais vos yeux étaient fixés l'un sur l'autre, j'en ai encore des frissons... Personne dans la famille ne connaît ton identité. On voulait te laisser le choix, de savoir si tu voulais dire à Simone que tu es son fils. Tom est resté longtemps à l'orphelinat, jusqu'à ses sept ans. Durant tout ce temps, on t'emmenait là-bas pour que tu le vois, pour ne pas que vous restiez éloignés. Mais un jour Tom a été adopté par des russes, et à partir de ce moment là tout a basculé. On a essayé de garder contact avec M. et Mme. Wörner mais au fil du temps... Dès que Tom n'a plus été là, tes crises ont commencé et un jour tu en as fait une très violente et ta mémoire a, comment dire... volontairement occulté tous tes souvenirs avec Tom. Je suis désolée Bill... »

# Posté le jeudi 05 février 2009 17:10