Je ne veux plus sentir ce feu qui brûle en moi et qui me ronge de l'intérieur, comme l'acide consume le plus solide des rocs.
C'est fini laisse-moi partir en paix. Ne me retiens pas je t'en prie. Tout est prêt, tout est calculé. Tu dois être fort petit frère, ne pas fléchir. Regarde ce qu'ils ont fait de moi : une image, une image qui fait vendre. Je me suis moi-même perdu. Je t'ai perdu toi...
Devant les caméras, les fans, on joue un rôle mais on sait très bien tous les deux, au fond, que rien n'est plus, et ne sera jamais plus comme avant.
Pourquoi ? Pourquoi ai-je accepté de devenir ce que je suis ? Pour le monde extérieur, je suis Tom Kaulitz, guitariste du groupe sur commercialisé Tokio Hotel. J'ai un jumeau, une gueule d'ange et je drague tout ce qui se passe à portée de main. Et plus si affinités... Mein Gott... De tous ces corps chauds et transpirants collés au mien, il n'y a qu'un que je désire : toi. Mais jamais je ne te l'avouerai...
Le succès, les concerts, la vie de super star auront eu raison de moi.
Je pars tourmenté, chercher la paix quelque part... dans ton c½ur peut-être ?
Not leaving me alone behind (De ne pas me laisser seul derrière)
There's no other way ( Il n'y a pas d'autre façon)
I prayed to the gods : let him stay (J'ai prié les dieux de le laisser rester)
Now I know why (Maintenant je sais pourquoi)
Tu sais, j'aurai tant voulu qu'il y ait un nous, une histoire à écrire, que nos deux corps ne fassent plus qu'un, juste une fois, rien qu'une fois. Mais je ne suis pas fou, jusqu'à la fin j'ai voulu garder notre lien qui fascine, me contentant de ça.
Je voudrai rire, s'il était aussi puissant, tu saurais que je suis entrain de crever à petits feux, tu m'aurais tendu cette putain de main que j'attendais et ensemble on se serait relevé.
Belle illusion...
Mon regard parcourt la salle... et un sourire las traverse mon visage. Les prods ont voulu qu'on donne un show exceptionnel, et il le sera mais à quel prix.
Nous sommes à environ trente mètres du sol, et nous jouons Spring Nicht, douce ironie...
Tu la chantes de toute ta force avec tant de conviction sans savoir ce qui va se passer. Mes yeux s'élèvent et mémorisent une dernière fois ton corps, ton visage si semblable au mien... Je savoure une dernière fois le son de ta voix, je frissonne sous les émotions que tu procures... et je pris Dieu, celui qui m'a oublié, celui qui m'a fait aimé l'interdit sans que je puisse y goûter.
Je m'avance vers le bord de la scène, j'arrête de jouer et enlève ma guitare... Mon geste fait pousser des cris d'étonnements... Tu me lances un regard incompréhensible alors qu'un autre est surpris. Vous ne vous doutez pas, pas encore...
Je pose ma Gibson à terre et m'avance un peu plus vers le bord... Tu as cessé de chanter et tu me demandes ce que je fabrique...
Tu n'as pas encore compris, de toute façon tu ne comprends jamais rien et ce n'est pas maintenant que cela va changer.
Je prends une grande inspiration, tourne le dos au public et je plante mes yeux dans les tiens, une ultime fois, avant de tendre les bras.....
***
Un murmure qui s'élève de plus en plus fort devant la scène qui s'offre à eux, des membres d'un groupe qui ne savent pas encore que l'enfer va se déchaîner sous leurs pieds. Deux personnes qui se fixent, l'une au visage serein l'autre s'interrogeant sur le comportement de son frère.
Un chuchotement qui passe les barrières de lèvres closes « pardonne moi mon frère, sache que je t'aimerai toujours ». Un visage qui se crispe d'une grimace horrifiée, sachant enfin ce qui va se passer. Mais avant qu'il n'ait pu faire un geste, le guitariste Tom Kaulitz sauta dans le vide sous les cris de terreur de la salle.
Keep your near (Te gardent près de moi)
In silence moments (Dans les instants silencieux)
Imagine you here (J'imagine que tu es là)
All of my memories (Tous mes souvenirs)
Keep your near (Te gardent auprès de moi)
Your silent whispers (Les murmures silencieux)
Silent tears (Tes larmes silencieuses)
Une distance que je comprends mal s'est installée depuis peu entre Tom et moi. On est plus aussi proches que ce que l'on fait croire aux médias... et j'en souffre.
Pendant les concerts, adieu nos regards complices, adieu nos effleurements de mains discrets. Ne subsiste qu'une vague présence de toi, comme un souffle qui s'éteint. Tu as choisi de fermer les portes qui mènent à ton âme, à tes sentiments... que puis-je faire ?
Aujourd'hui est un jour d'une grande importance, on joue à une trentaine de mètres de hauteur Spring nicht. De gros producteurs américains sont en bas, il faut leur en mettre plein la vue, David a bien insisté sur ce point. Je chante, j'y mets toute ma voix, toute mon énergie, je veux réussir aux Etats-Unis, j'en rêve depuis gamin. Tu te rends compte Tom ? Si on y arrive, ce serait la consécration absolue, un rêve achevé.
« Du träumst von dem Ende,
um nochmal von vorn anzufangen »
Je jette un coup d'½il à mon double, comme à son habitude concentré sur sa Gibson. Exceptionnellement, tu détaches ton regard de ta guitare et tu le plonges dans le mien... Il me fait frissonner. Tes yeux sont vides, semblables à ceux d'un mort. C'en est presque inquiétant.
« Nimm meine Hand,
Wir fangen nochmal an.
Spring nicht. »
Alors que je prononce ces mots, tu t'arrêtes de jouer, retire avec des gestes lents ta guitare... Mais Tom... Bordel, qu'est ce que tu fous ?! Tu te mets dos à la scène et plonge ton regard, si vide, dans le mien. Toutes ces barrières que tu avais dressées entre nous s'effondrent brusquement sans crier gare, et un flot continu d'images, de sentiments me submerge.
Ta peine, ta tristesse, ton mal-être, toutes ces sensations me transpercent de part en part, telles des lames aiguisées. Mes prunelles embuées ne quittent plus les tiennes, tes lèvres bougent, tu murmures quelque chose à mon intention : « Pardonne moi mon frère, sache que je t'aimerai toujours ». Mes yeux s'ouvrent d'effroi lorsque je comprends ton intention... Non, Tom... Ne fais pas ça... Ne me laisse pas !
Tu recules encore d'un pas vers le bord, je ne peux plus bouger, mes membres sont emprisonnés par la peur.
Trop tard... Tu as sauté... et je n'ai pas bougé. Le silence s'est fait autour de moi, je n'entends pas les hurlements déchirants des fans, je n'entends plus rien. Un vide s'est emparé de moi.
Chaque souffle me brûle les poumons, car je me dis qu'on aurait du le partager. Mon c½ur s'est arrêté de battre. Une partie de moi-même s'est dissoute dans le néant.
Je ne pleure pas, je ne peux pas, je ne réalise pas. Comment se rendre à l'évidence ? Comment s'avouer que son jumeau vient de sauter dans le vide ? Je ne comprends pas... je ne peux pas !
To find my way back in this life (De retrouver mon chemin dans cette vie)
I hope there is a way (J'espère qu'il y a un moyen)
To give me a sign you're okay (Qui puisse te permettre de me faire signe si tu vas bien)
Reminds me again (Rappelle moi de nouveau)
It's worth it all (Ca vaut tout ceci)
So I can go on (Alors je pourrai continuer ma vie)
Les autres ne comprennent pas mon comportement, ils ne comprennent pas pourquoi je suis comme ça, calme... Ils ne comprennent pas que c'est une blague, et que mon frère va se réveiller criant « surprise ». Et je pourrai de nouveau le serrer contre moi, sentir son souffle contre mon cou, frôler ses lèvres...
Ma mère me hurle qu'il est mort... mort... non pas mon frère, il est vivant je le sais, il va se réveiller là maintenant devant tous ces gens qui sanglotent.
Allez Tomi remue tes paupières, ouvre tes yeux si pénétrant, si magnifiques pour que je puisse m'y noyer encore et encore.
Allez Tomi, bouges-toi...
Tom ce n'est pas drôle, lèves-toi de ce cercueil et viens me prendre dans tes bras comme tu le faisais si souvent.
Tom... Ce n'est pas vrai hein... Tu n'es pas mort, dis moi que c'est faux.
Tom... Je crie, je hurle, je prends conscience que tu ne reviendras jamais pour me serrer dans ton étreinte, pour me frôler le front de tes lèvres si douces, pour me sourire... Sourire qui me refilait des frissons à chaque fois que le voyais étirer ta bouche.
Tom... Non tu n'avais pas le droit de me laisser seul, non tu n'avais pas le droit, reviens je t'en prie...
Je m'écroule à terre et je pleure en hurlant ma souffrance... Mon frère, la personne que j'aimais le plus au monde, toi... Tu m'as abandonné.
***
La foule observe, bouleversée, un jeune homme brun pleurer la mort de son jumeau, crier sa douleur qui l'étouffe. Il tape du poing, suppliant, d'une voix brisée par le chagrin, à son double de revenir. Les regards se détournent, cette douleur est insupportable, les gorges se nouent... Seul le batteur du groupe ose s'approcher et prendre Bill dans ses bras.
Le jeune androgyne se débat, avant de se laisser bercer par la douceur de Gustav, murmurant des « reviens », « je t'aime Tomi ».
Amis, parents, proches voient, impuissants, cet être fragile sombrer peu à peu, appelant celui est parti, celui... Le seul qui aurait pu l'aider à se relever...
Tom Kaulitz est mort, entraînant avec lui la chute de son double...
Keep your near (Te gardent près de moi)
In silence moments (Dans les instants silencieux)
Imagine you here (J'imagine que tu es là)
All of my memories (Tous mes souvenirs)
Keep your near (Te gardent auprès de moi)
Your silent whispers (Les murmures silencieux)
Silent tears (Tes larmes silencieuses)
Plus jamais je ne sentirai sa peau douce m'effleurer.
Plus jamais je ne respirerai son odeur au réveil.
Plus jamais je n'écouterai sa voix.
Les draps sont froids sans ta présence Tom... A chaque fois que je glisse mon corps sous ces couettes, le froid vient me mordre la peau et un vent glacé qui ne s'arrête jamais souffle sur mon c½ur. Tu me manques Tomi...
Cela fait un mois aujourd'hui que tu es parti loin de moi, et j'ai l'impression que c'était hier. Chaque nuit, je revis la scène, ce soir où tu as dit adieu au monde, où tu m'as dit adieu. Je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi as-tu fait ça ? Je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser, si j'avais su voir ta souffrance, on aurait pu s'en sortir, mais non. J'ai joué les égoïstes, je n'ai rien vu venir. C'est pour me punir que tu fais ça Tomi, hein ? J'ai compris la leçon, c'est bon, reviens... Je t'en supplie... Promis, je ne recommencerai plus...
***
Un jeune androgyne qui s'enfonce chaque jour un plus dans le désespoir. Un groupe dissout. Des fans sous le choc. Des groupies passées à autre chose. Une mère effondrée, qui se rend compte qu'elle perd son second fils.
Bill ne mange plus, Bill ne boit plus, Bill ne vit plus. Les aliments ont un goût amer dans sa bouche, l'eau n'étanche pas sa soif de son frère, l'envie de vivre l'a quitté quand Lui l'a quitté. Il ne s'habille qu'en noir, ses yeux sont plus sombres que jamais, et son regard est vide, semblable au Sien avant de sauter. Il a perdu beaucoup de poids, et ajouté à sa peau aussi blanche que l'albâtre, il ressemble à un mort vivant.
C'est une âme blessée qui saigne au plus profond d'elle-même, âme que l'on retrouve, chaque jour que Dieu fait, sur la tombe de son jumeau. Il n'a pas arrêté de pleurer, il Lui parle, espère que de là-haut, Il veille sur lui. Aujourd'hui, il est fou... Fou de quoi ?
***
Je me dirige comme chaque jour, à la même heure vers le cimetière. A gauche, tout droit, deuxième à droite, la tombe au fond. Je connais le chemin par c½ur. Arrivé là, je vois les habituels bouquets de fleurs des fans et parfois un mot « Courage Bill, les fans sont avec toi », « Tu nous manques Tom », « Tom, un ange est parti... ». Evidemment, quelques groupies demeurées sont venues aussi, laissant des traces de leur passage : un string, un mot : « Tom, fick mich in der Hölle » (Tom, baise moi en enfer). Je déchire les mots obscènes et brûle les sous-vêtements. Certes mon jumeau était un dragueur, mais il a droit à une sépulture digne. Je m'allonge alors sur la tombe de marbre blanc et je Lui parle :
Bill : Pourquoi t'es parti Tom ? As-tu seulement vu ce que tu as laissé derrière toi ? Je ne suis rien sans toi, tu le savais très bien et tu as quand même décidé de partir. Je voudrais tant me laisser mourir et te rejoindre, mais je ne peux pas... Il y a maman. Tu n'as pas pensé à maman en partant, tu n'as pas pensé à moi, tu n'as pensé à personne. Qui va me défendre maintenant ? Qui est ce que je viendrai voir quand j'aurai fait un cauchemar ? Depuis que tu es parti, j'ai un vide permanent au fond de moi, je rêve de nous... Mais ces rêves sont bizarres. Je me surprends à... *des larmes commencent à couler* à te désirer Tom. Je ne sais pas. Je revois tes lèvres et j'aimerais les embrasser... *se roule et se met à plat ventre sur la tombe*. Tomi, Tomi explique moi... Explique moi pourquoi je rêve qu'on ne fait qu'un, explique moi pourquoi je voudrais sceller mes lèvres aux tiennes, expliques moi... expliques moi pourquoi je crois t'aimer plus que ce qu'un frère ne devrait. Tomi, aide moi...
***
Le jeune brun finit par s'endormir sur la tombe de son aîné, les yeux rougis d'avoir tant pleuré et cerclés de noir, murmurant des « pourquoi ». Il ne comprend pas ce feu qui brûle en lui et qui le tue jour après jour, seconde après seconde. Il refuse la vérité, il refuse de reconnaître qu'il aime son jumeau. Il en est conscient au fond de lui, mais il préfère rejeter cette idée qui l'effraie. On ne peut pas, on ne doit pas aimer son jumeau. C'est impossible. Alors il se torture l'esprit de questions, d'explications plus improbables les une que les autres.... Mais un jour, il comprendra.
Il ouvre doucement ses yeux chocolat, et regarde autour de lui, inquiet, comme un chaton qui s'éveille et ouvre pour la première fois ses yeux. Ses yeux ont du mal à faire le point, la Nuit est venue avec son lourd manteau étoilé, et sa froide Lune. Il soupire de lassitude, encore une journée écoulée qui demeure sans réponse. Le jeune chanteur se redresse doucement, dépliant sa silhouette longiligne, les muscles engourdis par le froid et s'apprête à quitter son jumeau. Il lui murmure « au revoir » et lui promet qu'il reviendra demain, comme chaque jour. Lentement, ses pieds font le chemin du retour.
La neige commence doucement à tomber, enveloppant le monde de son habituel manteau blanc. L'androgyne s'arrête et regarde les flocons tourbillonner autour de lui, ignorant l'air glacial qui rentre dans ses poumons. Il sourit, béat, aux petits morceaux de neige tombés du ciel. Il a toujours adoré la neige, c'est son ange qui veille sur lui, là haut. Oui, c'est son ange, c'est Tom qui lui envoie des flocons, comme pour lui dire « non petit frère, je ne t'ai pas oublié. Je serais toujours là, en toi, au fond de toi. ». Le brun rit aux éclats, tourne, virevolte dans le manteau neigeux... « Je t'aime Tomi »... Une déclaration en toute simplicité, des mots qui partent du c½ur. « Je t'aime mon Billou »... Une réponse juste audible par la personne concernée.
Deux déclarations, un même sentiment enfin reconnu et avoué... Trop tard ? Non, non, il n'est jamais trop tard pour aimer.
Un chanteur qui recommence à vivre, mais il vit pour deux. Le c½ur qui bat dans sa faible poitrine bat pour deux. Le sang qui palpite dans ses veines, c'est leur sang à tous les deux. L'âme qui anime ce frêle corps, est double. Une âme, un c½ur, deux corps. Voilà ce qu'ils sont. Tant que l'un des deux corps résiste, l'autre subsiste au plus profond de son jumeau. Il n'est plus seul. Sa moitié l'accompagne, elle marche à ses côtés. Elle a toujours été là, mais il n'avait su la voir.
I see your smile (Je vois ton sourire)
All the memories I hold dear (Tous les souvenirs que je garde précieusement)
Darling you know I will love you (Chéri tu sais que je t'aimerai jusqu'à la fin)
'till the end of time (des temps)
Tous les jours, le chanteur fredonne comme si son frère ne l'avait jamais quitté et l'écoutait religieusement. Tous les jours, Bill porte quelque chose qui a appartenu à Tom, pour qu'il vive encore en lui.
Pauvre petit Bill Kaulitz qui vit dans ses chimères, dans son monde où son frère et lui sont ensemble. Pourtant il nie encore et toujours, cette brûlure dans son c½ur quand il pense à son frère et lui dans un lit, il nie le tremblement qu'il ressent dans tout son corps quand il imagine le souffle de son frère contre son cou.
Cependant un matin, tout va changer, et les illusions vont voler en éclats.
Bill est dans la chambre de son jumeau, cherchant le tee-shirt préféré de celui-ci, quand son regard tombe sur une enveloppe portant son nom. Il tend une main tremblante et la saisit. Il reste un moment à la contempler avant de l'ouvrir.
Mon Billou,
Quand tu liras cette lettre, je serais mort. Ne crois pas que je t'abandonne mais je suis fatigué de me battre, fatigué de cette image que l'on a de moi. Je me suis perdu dans l'éclat de la gloire, on s'est perdu sur le chemin du succès. Je suis lâche Billou, je n'ai pas été le grand frère que j'aurai du être. Je ne t'ai pas protégé de tout ce qui entoure notre groupe et qui le pourrit. Et je n'ai pas su t'aimer comme un frère. Oh, ne crois pas que je ne t'aimais pas, le problème c'est que je t'aimais trop, trop pour un simple frère que tu aurais du être. Toutes les nuits, je rêvais que je me fondais en toi, qu'on ne faisait plus qu'un comme deux amants. Je ne savais plus où poser mon regard de peur ne plus pouvoir me contrôler alors j'ai choisi la fuite, la distance. J'ai essayé de couper notre lien ne prenant pas en compte le fait que tu serais désespéré. Je le regrette mais je ne voyais que cette solution jusqu'à que je comprenne qu'il était temps que je meurs.
Mon amour pour toi mon frère m'a tué, notre succès m'a achevé. Ne te sens pas coupable mon Billou.
Je te demande juste d'être heureux.
Je t'aime mon ange
Tom
Bill, hagard, laisse la lettre tomber à terre. Il ne veut pas croire ce qu'il vient de lire. Il pousse un cri douloureux sentant son c½ur se serrer. Il voit toutes ses chimères se briser une par une, il comprend ce qu'il ressent pour son frère. Il s'écroule en hurlant, se griffant le visage mélangeant le sang et les larmes qui coulent sur son visage. Il se balance d'avant en arrière en appelant son frère.
Gustav et Georg accourent et le voient dans cet état, parlant dans le vide, délirant sur une vie qu'il aurait pu avoir avec son frère. Ils s'avancent prudemment, et se hâtent vers Bill qui s'évanouit devant le trop plein d'émotions.
***
Quand il s'éveille, ses yeux tombent sur une photo le représentant avec son jumeau. Son frère... qu'il aime plus que de raison... et la réciprocité est là. Il le sait maintenant. La culpabilité jaillit dans ses veines le faisant gémir.
- Pardon Tomi, reviens maintenant et aimons nous. Reviens je t'attends, pleure-t-il dans le silence de la chambre.
La porte s'ouvre sur la silhouette du bassiste, tenant une tasse à la main.
- Bill bois ça, ça te fera du bien
- Non, je veux Tom, répond le chanteur dans un murmure.
- Bois et tu le rejoindra, réplique Georg.
- C'est vrai ? Questionne Bill, une lueur s'allumant dans son regard dénué d'émotions.
- Oui, dit Georg en tendant la tasse.
Bill la prend et la bois avidement, deux minutes plus tard le bassiste sort de la chambre, laissant un Bill Kaulitz dormir profondément.
Le chanteur se tourne et se retourne dans son sommeil. Il se voit, dans un lit nu, le corps de Tom sur le sien. Il sent les mains de son frère le lui caressant, lui effleurant les zones érogènes, sa virilité dressée. Le souffle de son Tomi contre son cou, ses lèvres contre les siennes, leurs langues qui se battent pour dominer l'autre. Il se revoit écarter les jambes, arquer son corps quand son frère le pénètre. Il se sent partir à chaque coup de reins que son amant lui donne. Leurs corps s'unissent et désunissent, leurs souffles se mêlent, leurs respirations deviennent erratiques.
Ils jouissent en hurlant le prénom de l'autre, les pleurs se mélangent aux « je t'aime ».
Et Bill se réveille en sursaut le corps en sueur, l'inspiration rapide, le c½ur battant à tout allure.
Et il s'écroule en larmes...
Keep your near (Te gardent près de moi)
In silence moments (Dans les instants silencieux)
Imagine you here (J'imagine que tu es là)
All of my memories (Tous mes souvenirs)
Keep your near (Te gardent auprès de moi)
Your silent whispers (Les murmures silencieux)
Silent tears (Tes larmes silencieuses)
Aujourd'hui. C'est aujourd'hui que je pars. Etrangement, je me sens apaisé et serein, je n'ai pas peur. Je vais retrouver Tom... A cette pensée, un doux sourire étire mes lèvres. Je dois me faire beau, pour que Tom ait envie de moi, pour qu'il veuille arracher mes vêtements, pour qu'on ne fasse qu'un. Je me dirige vers la salle de bains, je me maquille comme jamais je ne l'ai fait, je me pare de mes plus beaux habits. Je termine en lissant mes cheveux, je sais très bien que Tom les préfère ainsi. Un dernier sourire à mon reflet, et je me glisse hors de la maison endormie, vers le cimetière. J'arrive Tom... Attends moi...
Je cours presque jusqu'à la tombe de mon jumeau, mon c½ur bat à vive allure, pour la dernière fois. Mes yeux se mouillent... Je vais revoir Tom, le serrer dans mes bras, lui chuchoter « je t'aime ». J'arrive enfin aux pieds de la tombe en marbre blanc de ma moitié. Je regarde une dernière fois le soleil, je profite pour la dernière fois de sa chaleur sur ma peau, puis je m'allonge, comme toujours sur le dessus, mais aujourd'hui, je ne dis rien. Je me contente de fermer mes yeux et de saisir la main tendue de la Mort, plus calme que jamais.
***
Un dernier souffle qui passe des lèvres sèches, un dernier battement de c½ur, un dernier battement de cil. C'est fini. Bill Kaulitz, jumeau au c½ur brisé, est retrouvé quelques heures plus tard, le corps aussi rigide et froid que la plus dure des pierres, un étrange sourire aux lèvres. Sa mère ne pleurera pas, elle s'en doutait. Elle savait que son second fils ne pourrait survivre sans le premier. Elle est même étonnée que celui-ci ait tenu si longtemps. Une mère soulagée, qui sait que ses enfants reposent en paix. Ils seront enterrés ensemble, dans le même cercueil.
Vous pensez que ceci est la fin de l'histoire des jumeaux Kaulitz ? Qui vous dit qu'il n'y a pas une vie après la Mort ?
Juste une fois, une dernière fois, laissons notre esprit s'échapper de ce monde cruel qui a tué deux anges, et écrivons le mot de la fin...
***
J'ouvre doucement mes yeux douloureux. Tout est noir autour de moi. Suis-je mort ? Je me redresse de toute ma hauteur et époussette mes vêtements. Je ne reconnais pas l'endroit où je me trouve. J'avance à pas prudents... Die Schatten wollen mich holen (Les ombres veulent m'attraper). Bizarrement, j'ai la sensation de reconnaître ces ombres...
Elles représentent l'esprit torturé et douloureux de mon jumeau. Je prends ma tête entre mes mains et je l'appelle en gémissant :
Bill : Tom... Tomi... Halt mich sonst treib ich (tiens moi sinon je dérive) *tombe à terre*
Un mouvement sur ma droite me fait sursauter... Mon jumeau se tient debout, à mes côtés, plus beau que jamais. Je souris à travers mes larmes.
Bill : Tomi... on est mort ?
Tom : oui, mon Billou, oui. *s'agenouille* dis Bill, pourquoi es-tu mort ? Je ne voulais pas...
Bill : je t'aime...
Tom : mais moi aussi je t'aime...
Bill : non, tu n'as pas compris Tom, je t'aime comme toi tu m'aimes.
***
Le dreadé se redresse brusquement sous la violence de la déclaration. L'androgyne se relève plus doucement et plonge son regard plein d'amour dans celui de son frère, toujours sous le choc. Le temps autour d'eux change, de violentes bourrasques de vent se déchaînent, faisant voler les cheveux du brun en tous sens. Lentement, la pluie commence à tomber, traverse leurs vêtements, les glace jusqu'aux os. Qu'importe ! Leurs prunelles ne se quittent plus...
Le brun tend une main timide vers le visage de son double et vient caresser la joue du blond, qui ferme les yeux, ne réalisant toujours pas. Avec assurance, le jeune chanteur passe sa main dans la nuque de son jumeau et rapproche leurs deux corps frémissants. Le guitariste accepte enfin et vient déposer ses deux mains sur les hanches de son vis-à-vis. Bill enroule ses bras autour du cou de son frère et Tom autour de sa taille. Ils collent leur torse mais ne sentent pas leur c½ur battre, ils sont morts...
Pour leur plus grand bonheur à tous les deux, leurs lèvres se scellent enfin dans un baiser des plus sincères. Une chaleur illusoire se répand dans leur corps gelés par la Mort, la chaleur du désir et de l'amour. Ils se désirent comme jamais personne n'a eu envie de quelqu'un. Le même voile de désir s'abat sur leurs prunelles identiques.
Leurs habits tombent rapidement à terre. Leurs deux corps froids se collent l'un à l'autre de concert. Ils attendent tous les deux la même chose...
Le brun se hisse dans les bras de son double, qui commence à se fondre en lui. Le plaisir est décuplé, presque palpable. Que demander de plus ? Ils se suffisent à eux seuls.
Le blond augmente la cadence, et le brun, enfonçant ses ongles dans la peau dorée de son jumeau, lui hurle son plaisir et son amour. L'orgasme est proche, ils n'en peuvent plus. Un dernier aller retour, le guitariste se déverse en son cadet et l'androgyne entre leurs deux corps froids. Ils s'allongent à terre, reprennent un souffle fictif qu'ils ont perdu et se sourient, heureux. Morts ? Oui... Mais morts ensemble...
Bill : je t'aime Tom...
Tom : je t'aime aussi Bill...
Bill : pour toujours ?
Tom : pour l'éternité mon ange, pour l'éternité...
FIN
Un petit OS, écrit avec ma Moodinette chérie <33
je vous jure allez sur son blog, il en vaut vraiment la peine, prenez la peine de lire et de savourer....
J'ai adoré écrire cet OS avec toi Mood, expérience à absolument refaire!
Dites nous, vous lecteurs, si vous avez apprécié cette collabo!
Dites le aussi sur SON blog ! Merci ;D