Tom : coucou ! Tu ne dors pas à cette heure-ci ?
Bill : nan ! Toi non plus à ce que je vois !
Tom : bien observé !
Bill : alors, c'est comment ?
Tom : nul.
Mais je suis trop c*n moi ! Je vais arrêter de poser des questions débiles ?!
Bill : ah...
Tom : mais t'inquiètes ! Je vais survivre !
C'est fou, ce mec prend tout à la légère ! Au fait, pourquoi il est là ?
Bill : je n'en doute pas ! Au fait Tom, pourquoi t'es dans un centre comme ça ?
Tom : *blanc*
Bah, je laisse tomber, je crois que ce soir j'enchaîne les gaffes !
Tom : je... je n'ai pas trop envie d'en parler...
Bill : bien sûr, je comprends !
Tom : en revanche je peux te dire qu'ici il n'y a pas que des saints !
Bill : *Gloups* bah, fais gaffe à toi...
Tom : ouais, je gère ! Bon, ce n'est pas tout, mais ça me fait stresser de te savoir tout seul. Et s'il t'arrivait encore une crise comme la nuit dernière ?
Bill : tu sais, ça ne m'était arrivé qu'une fois ce style de crise et c'était il y a 10 ans !
Tom : mouais...
Bill : si tu veux on reste en ligne jusqu'à ce qu'on s'endorme, si je fais une crise tu l'entendra !
Tom : ça marche pour moi ! Bonne nuit Billou...
Billou ??? Je réponds quoi moi ? Ah, si, je sais !
Bill : bonne nuit Tomi...
|...| Je me réveille doucement : midi ! Pfiou, j'ai bien dormi. Je jette un coup d'½il à mon portable : Tom a évidement raccroché. Ils ne doivent pas se lever à midi dans leur centre à mon avis ! De toute façon, j'avais plus de batterie. Je reste encore un peu au lit, puis me décide enfin à émerger : douche, maquillage, habillage, coiffure, mon petit rituel habituel. 40 minutes aujourd'hui, je m'améliore ! Une fois mon portable branché je descend à la cuisine et m'apprête à mater la télé toute la journée avec mon meilleur ami : le nutella ! J'ai beau chercher dans tous les placards de la cuisine, pas la moindre trace de pâte à tartiner ! Va falloir que je sorte en acheter... *soupir* Moi qui voulait éviter un maximum les sorties en solitaire, ben c'est cramé... J'enfile mes santiags et sort de la maison. O.O" bah ça se voit que c'est les vacances ! Déjà qu'à Magdeburg y'a pas foule (10 habitants au kilomètre carré et encore, je compte les vaches !) mais là, ça semble carrément désert ! Soudain trois ombres familières font leur apparition à l'angle d'une rue. Evidement, eux, il fallait qu'ils restent là ! Jack, Jo et John, mes trois pires cauchemars ! Je rase les murs, me dissimule dans l'ombre des immeubles, pitié qu'ils ne me voient pas, pitié qu'ils ne le voient pas, pitié...
Jo : hé, mais c'est notre ami la tapette !
Trop tard, ça va être ma fête... Je me fige sur place, ils s'approchent tous les trois de moi et m'encerclent. La peur emprisonne mes membres. Je baisse le regard et fixe le sol.
Jack : Alors Billounette, tu passes de bonnes vacances ?
Ne pas répondre, ne pas répondre...
John : Nous on s'ennuie un peu, on n'a pas fait de sport depuis longtemps...
Jo : Hé oh ! On te cause Kaulitz ! T'as perdu ta langue ?
Comme je ne réponds toujours pas, un premier coup part. Suivi d'un second, d'un troisième, je n'arrive plus à compter... Je tombe à terre et tente de protéger mon visage avec mes bras mais l'un d'entre eux, je ne sais pas lequel, m'immobilise les mains, pendant que les deux autres en profitent pour faire pleuvoir les coups. Je ne hurle pas, je ne crie pas, je ne gémis pas, ils seraient trop contents de m'entendre souffrir. Un liquide chaud et amer, du sang... mon sang, coule dans ma gorge et je tousse, manquant de m'étouffer. La tête me tourne, chaque parcelle de mon corps est en feu, comme chauffée à blanc. Enfin, ils s'arrêtent et me laisse, en piteux état sur le trottoir. Je réussis à me relever, et regagne précipitamment la maison, les muscles endoloris, et monte à la salle de bains constater l'étendue des dégâts. J'ai du sang sur tout le visage : mon arcade sourcilière est explosée, mais heureusement le piercing n'est pas touché, et j'ai la lèvre fendue. En plus de ça, j'ai des douleurs au torse et aux côtes : les bleus vont revenir... Je nettoie les plaies et le sang et camoufle du mieux que je peux... bah voilà, ça fera l'affaire. Je m'assoie sur le rebord du lavabo, complètement anéanti ; mais quand est ce qu'ils arrêteront de me maltraiter ? Trois ans, trois ans déjà que dure le calvaire. Je ressors de chez moi, comme un zombie et me dirige vers une des ruelles les plus sombres de Magdeburg. Cette allée, de nombreuses fois je m'y suis arrêté devant sans jamais aller jusqu'au bout, par lâcheté. Mais cette fois-ci, ce sera différent. Je m'engage d'un pas déterminé dans la rue et j'avise un noir, adossé au mur, le visage dans l'ombre :
Bill : dis, t'as un truc pour moi ?
Le noir : ça dépend tu cherches quoi ?
Bill : un truc pour oublier...
Il farfouille un long moment dans une espèce de sac à côtés de lui, puis se retourne et me demande :
Le noir : t'as combien ?
Bill : 50 ¤
Il me tend un paquet contenant cinq seringues et un garrot. Je lui refile le billet, glisse le précieux sac sous mon tee-shirt et me dirige vers chez moi en courant. J'ouvre la porte à la volée, et monte les marches de l'escalier en galopant. Puis, j'arrive dans ma chambre, dépose le sac sur le lit et m'arrête. Osera ? Osera pas ? Sans que je m'en aperçoive, des larmes perlent au coin de mes yeux et dévalent mes joues. Une souffrance accumulée depuis longtemps rejaillit : 8 ans d'existence sans souvenirs, sans rien ! Mon premier souvenir est l'emménagement ici, à Magdeburg, j'avais presque 8 ans. Et avant ? J'ai beau retourner mon cerveau jusqu'à en voir mal au crâne, interroger mes parents, mon passé reste obstinément silencieux. Et pourquoi ai-je un vide en moi, comme s'il me manquait une partie de moi-même ? Ajoutez à ça les trois ans de torture des trois abrutis... C'est comme si la solution s'offrait à moi. J'attrape le garrot et le serre autour de mon bras gauche, une veine se dessine... Lentement, de ma main droite, je saisis une seringue et l'approche en tremblant de mon bras. Le bout de l'aiguille s'enfonce enfin dans ma veine et je pousse le piston. Je regarde le liquide laiteux disparaître dans mon corps, puis je retire la seringue et le garrot. Une vague de désir monte en moi, la sensation est indescriptible, c'est magique... tous mes soucis s'envolent. Je m'allonge à même le sol, les bras en croix et profite de l'instant présent. Je peux presque sentir le liquide se propager en moi... Je me détends et ferme les yeux, je ne ressens plus aucunes douleurs... Stich ins Glück... J'ai l'impression de planer, c'est merveilleux...
|...|
Hu ? *se réveille* ô_O ? J'ai dormi par terre combien de temps moi ? Il est quelle heure ? 19hOO ??? La vache ! Je me relève doucement, et immédiatement les douleurs réapparaissent, plus fortes. Ca me lance et j'ai l'impression que des lames aiguisées me transpercent de part en part. Mes yeux se posent sur les quatre doses qu'il me reste et ma main s'avance lentement vers une des seringues lorsque :
Jennifer : Bill ? On est rentré !
Scheisse ! Mes parents sont rentrés du boulot, faut que je range tout ça avant qu'ils ne tombent dessus... Oui, mais où ? Je rassemble en vitesse mes doses et le garrot, ouvre brusquement mon placard et dissimule la drogue dans une paire de santiags. J'ai pas envie de descendre au salon les voir, mais bon ! *soupir*
Bill : b'jour...
Ma mère se retourne, me dévisage et je vois la panique se peindre sur son visage :
Jennifer : mein Gott ! Bill... tu t'es battu ?
Was ? Mais de quoi elle parle là ? Ah, oui ! L'arcade et la lèvre ! Je marmonne :
Bill : jsuis tombé dans les escaliers...
Jennifer : tu te fous de moi ?
Bill : nan, jte jure c'est vrai !
Jennifer : mais t'as désinfecté au moins ?
Bill : rooooooh mais oui ! Ca va ! Arrête de me saouler ! Je vais avoir 18 ans dans deux mois jte rappelle ! Je ne suis plus un gamin !
Furieux, je fais volte-face et me dirige vers les escaliers, pour rejoindre ma chambre.
Jennifer : Bill... Bill, tu vas où comme ça ?
Bill : je monte, je n'ai pas faim de toute façon !
Jennifer : mais, Bill...
Je me retourne brusquement :
Bill : mais merde ! Si j'ai pas envie de manger tu vas pas me forcer quand même, si ?!
Me mère reste interdite, sa poêle à la main. Je finis de monter les marches de l'escalier et claque la porte de ma chambre, histoire qu'elle comprenne bien ma colère. Mais quelle colère ? Moi-même je suis incapable de dire pourquoi je me suis comporté avec elle de cette façon, j'ai mal au fond de moi, c'est tout ; je ne peux pas mettre de mots dessus et ça me tue. Pourtant, je ne suis quand même pas si malheureux que ça : mes parents sont en vie, j'ai une vie aisée, d'accord je me fais tabasser très régulièrement par les 3 J, mais bon, chacun a ses soucis personnels. Alors pourquoi ? Pourquoi ?
Bill : POURQUOI ?
Je hurle ce mot et tape de toutes mes forces dans le mur. Je m'ouvre les phalanges mais ne m'arrête pas pour autant. J'ai trop mal et je reporte toute ma douleur en colère contre ce bout de plâtre. Quelque part, ça me soulage. Je me laisse glisser le long du mur, les mains en sang mais je les ignore. Je ferme les yeux et pleure, encore et encore... |...| Lorsque je relève enfin la tête, ma chambre est plongée dans l'obscurité, le soleil est couché depuis déjà bien longtemps. La nuit est mon moment préféré, elle n'est faîte que d'ombres et d'illusions, rien de précis. Je me relève et me dirige vers ma salle de bains : je retire les dernières traces de maquillage, la couche de gel qui emprisonne mes cheveux et je bande mes mains. Après ma "sieste" de cet après-midi, je n'ai aucune envie de dormir, je vais aller prendre l'air, manière de me changer les idées. Je descend l'escalier le plus silencieusement possible et me dirige vers la porte d'entrée lorsque j'entends mes parents discuter. Je ne veux pas les écouter, mais lorsque mon prénom jaillit dans leur conversation, je m'approche et colle mon oreille à leur porte :
Jennifer : Bill est quelqu'un de très fragile, et tu le sais Franck. Ils nous avaient prévenu que ça ne serait pas facile.
Qui ça "ils" ? Facile de quoi ?
Franck : je sais mais sa réaction aujourd'hui m'a particulièrement surpris : il était agressif, Jenn. Il a toujours été un peu spécial, un peu "hors du lot"...
Sans dec' ? T'as remarqué toi aussi ?
Franck : ... mais là ! Est-ce que tu crois que le fait de le revoir a pu créer un choc émotionnel ?
Revoir qui ?
Jennifer : je ne pense pas, il était trop jeune. Souviens toi, il n'avait que 8 ans...
Mon c½ur s'accélère dans ma poitrine, vais-je enfin avoir des réponses ?
Jennifer : de plus, il n'a pas fait de crise !
Que tu crois !
Franck : comme tu l'as dit tout à l'heure, ils nous avaient prévenu que ça ne serait pas facile. Je pense que ça serait bien d'avoir une discussion avec lui.
Je me fais violence pour ne pas rentrer dans leur chambre et ne pas tout détruire : une discussion ?? Mais ça fait des années que je pose des questions qui restent sans réponse !
Jennifer : tu veux discuter avec lui ?
Franck : pourquoi pas ?
Jennifer : enfin Franck ! On lui ment depuis 10 ans ! Tu veux vraiment tout déballer, et que son monde s'écroule autour de lui ?
A moi les murs, la Terre m'abandonne ! Ca veut dire quoi "on lui ment depuis 10 ans ?" Sans m'en rendre compte, je retient ma respiration et écoute la suite. Que me cachent-ils sur mes 8 premières années ?
Franck : non, tu le sais bien, je ne veux que bonheur ! Mais imagine qu'il l'apprenne par lui-même !
Que j'apprenne QUOI ?
Jennifer : comment réagirais tu si tes parents débarquaient soudain dans ta chambre pour t'annoncer qu'ils ne sont pas tes parents ?
Hu ? C'est quoi ce délire ? Je suis au bord de la nausée, j'ai peur de ce que je vais entendre ; ma mère prononce les derniers mots tellement bas que je suis obligé je me plaquer contre la porte pour entendre la fin :
Jennifer : comment réagirais tu si tes parents t'annonçaient qu'ils t'ont adopté ?
Adopté... adopté... adopté... Ce mot résonne dans ma tête comme le tic-tac d'une horloge. Tel un automate, je regagne ma chambre, récupère une dose et le garrot, puis me faufile hors de la maison sans faire le moindre bruit. Je marche au hasard dans les rues de Magdeburg, complètement déboussolé. Les larmes voudraient couler, mais je les en empêche, j'en ai marre de passer mon temps à pleurer ! Je ne suis donc capable que de ça ? Pleurer ? Mes pas m'ont conduit devant le centre de Tom, à l'écart du village. Je contourne ce grand bâtiment froid et m'assoie, dos au mur. Puis je recommence : serrer le garrot, enfoncer l'aiguille, regarder le liquide disparaître... Lorsque j'ai fini, je jette la seringue au loin et glisse le garrot dans ma poche. Soudain, c'est comme si je prenais réellement conscience de ce qui vient de se passer. Les larmes coulent, source intarissable, je me sens si mal. J'ai besoin de parler à quelqu'un... Tom... je vais l'appeler... Je sors mon portable et lance l'appel. Je pense qu'il dort à cette heure-ci... je vais le déranger... Alors que la première sonnerie retentit et que je m'apprête à raccrocher, il décroche. Il ne dormait peut-être pas ? Sa voix est inquiète :
Tom : Bill ? Où es-tu ?
Les larmes continuent de ruisseler, je murmure en sanglotant :
Bill : Tom... Hilf mir fliegen...
Bah voilà, je vous mets la suite ce soir, parce que j'ai quelques minutes et surtout parce que je saisnpasn quand est-ce-que je pourrai mettre le chap4.
jspr que ça vous plaît tjrs ??
mille millions de merci, en 2 jours: 19 coms non lus ! O___O ca m'a fait vraiment tp plaisir !! *_*
réponse aux coms :
Puppy-yaoi: j'en reviens toujours pas que tu lises ma fic !! O__O la tienne est tellement bien ! D'ailleurs, je la conseille à toutes mes lectrices : ICI
x3-lil-miissah-x3 : la souiite est là ! Merci de me laisser des coms, ça m'fait tp plaisir ! *_*
jujuth29: merci bcp pour tous tes coms ! et jte crois quand tu dis que t'aimes ma fic !! bsx la miss !
Drittewelt: yeah !!! merci, tes coms me font tjrs autant triper, je sais pas où tu vas trouver toute cette inspi' ! O_o lol ma rentrée ? trop bie,n: j'ai retrouvé toutes mes amies, on est toutes dans la même classe, et les cpe... je les EMMERDE !! lol bsx jtd et vive cinema bizzar ! (si tu trouve les chansons/cd préviens moa ! merki)
cocktail-saveur-th: mdr tes coms !! xD billou bourré... mais c'est sur que je le préfère en hétéro... xD mais je lui en veux pas s'il est gay! il est tp adorable pour lui en vouloir !! lol
heart-of-lilith: vive la terminale et les profs qui rabachent: "ya le bac, ya le bac" !! non ? sans dec' ! t'étais au courant qu'il y avait le bac toi ?? mais ils nous prennent pour des cons ??? Rahhhhhhh ! lol t'es en Tale quoi ? moi S. merci de suivre ma fic, tes encouragements me font tp plaisir !! bsx et bonne chance pour ta terminale !
et enfin... ma chérie pour la fin : alison !! jtdr tptptptptp, jte le répéterai jms assez.... vivement l'allemagne avec toi... a nous les allemand ! :p !! je t'aime fort !! *smouack* (gros poutous) xD